Réensauvagement, un début de nouveau monde ?

Et si créer ce fameux nouveau monde que tout le monde attend était aussi facile et simple que de se reconnecter au vivant ?

Et si c'était aussi simple que de suivre son instinct sauvage, primal ?

Et si c'était aussi simple que respecter le vivant en toute chose ?



La Nature est par nature harmonieuse. Ce qui crée la désharmonie en elle c'est l'impact qu'à l'homme sur


son écosystème. Alors connaissant l'âme sauveuse de l'humanité, j'ai envie de te poser quelques questions ?


La Terre a-t-elle besoin de guérison ?

d'être sauvée ?

Ou avons nous besoins de jouer au sauveur ?

Alors que c'est nous qui avons besoin de guérison ?


Comme le dit Ralph Metzner, nous sommes devenus comme “autistes” envers la nature. “ A l’instar des enfants autistes qui ne semblent pas entendre, voir ou sentir la présence psychique de leur mère, nous sommes devenus aveugles à la présence psychiques de la planète vivante, sourds à ses voix et à ses histoires qui ont nourri nos ancêtres dans les sociétés pré-industrielles.”


Ainsi, il est tout à fait courant aujourd’hui de passer une semaine sans toucher un arbre ou un élément naturel, sans regarder la lune ou les étoiles, sans rencontrer un animal sauvage. Nous sommes profondément déracinés. Il est absolument nécessaire de nous ancrer dans la réalité de la nature visible et invisible, de communiquer avec leurs âmes et de comprendre notre interrelation. Nous avons perdu le lien avec notre matrice primitive. Selon Chellis Glendinning, ce lien se traduit par une psychée équilibrée qui prend part aux rythmes de la Terre et au niveau individuel par une “expérience corporelle, une perception du monde, une manière d’être vivant caractérisée par l’ouverture, l’écoute, l’émerveillement, la volonté de dire oui à la vie, ici et maintenant ainsi que par la capacité à dire non à ce qui n’est pas juste, qui n’est pas dans l’harmonie et le respect de chaque règne.


Les chasseurs-cueilleurs avaient une vision sacrée de la nature, où humains et non humains, visibles et invisibles avaient leur place et leur âme. Manger un animal ou une plante, c’est se nourrir de son âme, de son esprit. Il considère qu’il est une espèce parmi d’autres, il n’est que des cellules au sein de l’organisme géant de la Terre. Ainsi, plantes et animaux ne sont pas de simples ressources mais des guides, des miroirs qui lui servent de guides et grâce auxquels il se découvre.


Il y a environ 12000 ans, le chasseur-cueilleur est devenu sédentaire appris à cultiver la Terre et s’en est suivi une lente séparation avec la matrice, notre Mère, la Terre. Pour la première fois, l’homme a maîtrisé la Terre. Le sauvage devient ce dont il faut se protéger et l'homme y projette des notions de violence et de danger. De manière concomitante, la mère se sépare plus rapidement de l’enfant et cette symbiose fondatrice de l’équilibre psychique de l’enfant est rompue. Sans relation harmonieuse entre la mère et l’enfant, il ne peut y avoir de relation harmonieuse avec notre mère, la Terre. Ce manque de relation entre la Mère et l’Enfant va donner naissance au mythe de la Déesse Mère.



Puis vient la christianisation, avec un autoritarisme patriarcal qui renforce le dualisme entre l’intérieur et l’extérieur, entre la nature et la psyché. Même le corps fait peur car on le maîtrise pas, en ce sens il est sauvage. Ses pulsions représentent des péchés qu’il faut soumettre au contrôle moral. C’est à ce prix que l’être humain peut croître spirituellement et entrer dans le Royaume des Cieux. La logique l’emporte sur le mythe. Selon Metzner, ces attitudes vont avoir un effet sans précédent sur l’éloignement de la Nature :

“Si nous nous sentons séparés mentalement et spirituellement de notre propre nature (corps, instincts, sensations, etc.) alors cette séparation sera aussi projetée à l’extérieur. C’est pourquoi nous nous voyons comme séparés du grand royaume de la nature, de la Terre, tout autour de nous.” Selon certains écopsychologues, la société patriarcale et les valeurs masculines (rationalité, force, compétition, etc…), au détriment des qualités féminines (intuition, beauté, douceur, amour…) ont été l’un des moteurs clés de la conquête de la nature par l’homme. Il sera donc important de remettre les qualités féminines ( connexion, coopération) au cœur de notre accompagnement.


Arrive enfin l’urbanisation et la révolution industrielle qui ont accentué cette perte de lien. “La nature a perdu sa capacité magique à révéler que l’univers tient ensemble grâce à une symbiose ultime.” Selon Shepard et Richard Louv, plusieurs troubles biologiques et psychologiques peuvent s'expliquer par ce manque de nature : un déficit de l’attention, du stress, de l’anxiété, sentiment d’insécurité et d’impuissance où il faut sans cesse se battre pour être compétitif, des troubles physiologiques comme le syndrome métabolique, des problèmes de vue, l’obésité, etc… Ainsi, il devient absolument nécessaire que les enfants vivent à proximité de lieux naturels pouvant recréer ce lien à la nature. Dans le cas contraire, selon Shepard, on observe trois grandes différences :

  1. “L’enfant pense que le non-vivant est l’état normal des choses”

  2. “Toute vie est mécanique et seul l’humain est vivant”

  3. Devenir un spectateur ou un exploiteur “ le cosmos sera soit intéressant et utile, soit inintéressant et inutile mais en aucun cas une réalité qui sent, pense, communique.”

Ce schéma de comportement a été poussé à l’extrême par notre addiction à la consommation. Le consumérisme a bien évidemment un impact écologique profond car nous ne consommons aujourd’hui plus que ce dont nous avons besoin mais ce qui nous fait envie. La question est pourquoi nous nous comportons de la sorte ?


Selon Egger, le consumérisme a des caractéristiques proches de l’addiction : “déni de réalité, la fuite d’un état de souffrance, la volonté compulsive de compenser un vide intérieur par des choses extérieures, le besoin de contrôler son milieu pour maintenir l’accès à la source de satisfaction, l’illusion de pouvoir, et surtout la poursuite d'un comportement


alors même qu’on en connaît les conséquences négative”. Durant des millénaires, l’homme a honoré ses besoins essentiels et d’accomplissement en puisant dans des sources naturelles comme le divin, l’humain et la nature. En respectant l’ordre des choses et en restant à sa place, il trouvait un sens à son existence et à son travail, et respectait le sacré en lui et autour de lui. Aujourd’hui, il essaie de combler ce manque de sens et d’identité en cherchant à l'extérieur de lui et via des sources matérielles et technologiques. Il essaie de chercher la reconnaissance et la sécurité là où il ne trouvera que vide et déception. L’homme ne trouvera de paix, de reconnaissance et de sécurité à l’intérieur de lui-même si il est en paix avec le monde qui l’entoure et qu’il comprend car cela vibre au coeur de toutes ces cellules qu’il fait parti d’un tout, son destin étant relié à celui de la planète elle-même. Ces sources secondaires de satisfaction, la technologie, le matérialisme, ne satisfont nos besoins que temporairement. Notre besoin d’être est infini, nous ne pouvons le satisfaire avec des biens matériels.


Pour le bien-être et la survie de l’humanité et de la Terre, il est urgent et primordial de changer de paradigme. Selon Greenway, “nous ne pouvons simplement pas continuer à vivre comme si nous étions séparés de la nature et donc les uns des autres”.


Les écopsychologues prônent donc une ouverture à la gratitude (plutôt que la convoitise), l'humilité (plutôt que la puissance et le pouvoir), la coopération (plutôt que la domination). Ils insistent également sur le fait de passer de valeurs extrinsèques de réalisation de soi (carrière, statut social, richesse matérielle) et des valeurs intrinsèques (croissance intérieure,coopération communautaire, bien-être des autres et des règnes de la nature).


Certains écopsychologues affirment que pour que le changement soit durable il doit être profond au niveau archétypal. Je pose ici une autre théorie et je n’ai pas la prétention d’être psychologue. Mais si notre but ultime était seulement de nous remettre à notre place au sein de la Terre. En reprenant notre place de cellules au sein d’un organisme plus grand que nous, nous comprenons aisément que nous ne pourrons survivre en détruisant notre organisme. Aujourd’hui nous sommes comme le cancer de la Terre. Nous devons nous reprogrammer et nous ne pourrons y parvenir qu’en remettant des émotions là où il n’y a que de la rationalité. Plutôt que d’être comme une nouvelle naissance, peut-être doit-elle être considérée comme une émergence de notre âme là où durant des millénaires nous avons laissé la place qu’à notre esprit. Notre âme sait ce qui est juste, nous l’avons simplement muselée. Laisser émerger ce qu’il y a au fond de nous, de notre cœur (siège de notre âme), là est le chemin vers un monde où chacun sera à nouveau à sa place. Encore faut-il apprendre à écouter son corps, à rester dans l’instant présent, à lâcher prise et à se laisser guider par la nature, les âmes des plantes, des animaux et les mondes invisibles. Ils agissent pour nous comme de véritables guides conscients que leur survie est intimement liée à la nôtre et à celle de la planète. La méthode que j'ai développé utilise la sylvothérapie pour éveiller les sens, redonner à l’esprit humain la capacité de donner de l’importance à son corps et à ce qu’il ressent.


Cette méthode ne s’arrête pas là, elle accompagne également dans la découverte de la puissance de la communication avec les plantes et les animaux et les mondes invisibles et comment nous pouvons collaborer pour que l’être humain reprenne sa place. Elle s’accompagne de méthodes énergétiques et bioénergétiques qui seront un soutien dans l’accomplissement de l’éveil de la personne et apporteront l’énergie nécessaire aux changements de comportement à mettre en place. Ces techniques énergétiques proposent également de faire appel aux esprits des arbres dont chaque essence à ses qualités propres pour reprogrammer les cellules et les mémoires. Cela facilite le changement de paradigme. En effet, avant de pouvoir accéder à l’éveil, il est nécessaire d’effectuer un travail sur soi à tous les niveaux, personnel, familial, transgénérationnel et karmique. Ce travail est facilité lorsqu’il est guidé par les esprits de la nature et nos guides. Les arbres sont de merveilleux guides en ce sens et nous apportent symboliquement l’image de comportements justes que nous pouvons corriger à leur contact. Au-delà de cela, chaque essence agit sur nos différents chakras ainsi que chaque esprit de la nature a ses spécificités et ces qualités, collaborer avec ces règnes c’est l’assurance de faire ce qu’il y a de plus juste à ce jour. Quand l’humain a repris sa place, son mode de consommation change sans difficulté, sa façon de s’alimenter change également, presque sans effort cela devient normal et inscrit dans ces cellules, comme si l’ADN même avait été reprogrammé. La seule chose que nous devons faire c’est laisser notre âme être qui elle est, penser plus avec notre coeur qu’avec notre esprit et communiquer avec chacun (humains et non-humains) en conscience que nous ne sommes rien de plus qu’eux… et petit à petit le changement se fait , la magie opère ! nous brillons, nous laissons nos talents s’exprimer !


Avec joie de t'accompagner vers ce ré-ensauvagement !

Laetitia


Sources :


Glendinning C., My name is Chellis & I’m in Recovery from Western Civilization, p5-7.

Metzner R., Green Psychology, p88.

Shepard P., Nature and Madness, p100

Egger MM. Soigner l’esprit, guérir la Terre ; Introduction à l’écopsychologie, Labor et Fides, 2015

Greenway R., The wilderness experience as therapy : We’ve been here before”, p138

Egger MM. Ecospiritualité. Ecoconcept. Jouvence 2018



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